Communiqué - ne pas publier avant le 19 Mai 1998

 

Universität GH Essen

 

Résultats d'une étude de la Clinique Universitaire de Dermatologie de Essen

(RAF) sur un traitement immunomodulatoire de l'infection virus

immuno-déficiente humaine (VIH) à l'interleukin-2

 

A ce jour, le traitement standard des infections VIH est un traitement à

base de médicaments antiretroviraux extrêmement puissants combiné avec des

mesures préventives des infections occasionnelles.

Entre 1996 et 1997, dans le cadre d'une étude faite à la Clinique

Universitaire de Dermatologie de Essen (RAF), dans le service du Professeur

M. Goos et menée sous la responsabilité du Docteur Ulrich Hengge, chef de

Clinique assistant de Professeur Goos, une recherche portant sur

l'efficacité d'un traitement immunomodulatoire supplémentaire à

l'interleukin 2 (IL-2) a été réalisée. L'interleukin-2 est une substance

messagère importante pour la fonction et la prolifération des cellules

lymphatiques, cellules dont l'efficacité est réduite très tôt après une

infection VIH.

Dans la cadre d'une étude sous contrôle et randomisée avec 44 patients, les

effets immunologiques et virologiques d'un traitement subcutané à

l'interleukin 2 ont été analysés. 44 patients (CD4: 200 à 500 mm3) furent

soumis à un traitement antiretroviral (AZT, 3TC, Saquinavir) constant

combiné avec un traitement à l' interleukin-2 (9 Mio. IU pour 5 jours et

ont été comparés à un groupe de contrôle de vingt patients ayant reÄu

uniquement le même traitement antiretroviral. Les patients se sont faits

eux-mêmes leurs piqûres d' interleukin-2 chez eux, de la même faÄon que les

diabétiques se font eux-mêmes leurs piqûres d'insuline. La thérapie à

l'interleukin-2 a été examinée durant un an aussi bien pour sa fiabilité

que pour sa compatibilité. De plus, les intervalles les plus efficaces

entre les injections d'interleukin-2 ont été déterminés. Les

quarante-quatre patients ont été divisés en deux groupes (groupe A et

groupe B). Le groupe A a reÄu des injections d'interleukin 2 (9 Mio. IU

pour 5 jours) à intervalles fixes chaque six semaines. Les doses

d'interleukin-2 pour le groupe B ont été adaptées individuellement. Pour

cela, les cycles de traitement du groupe B ne furent repris que lorsque le

taux des cellules CD4 (cellules centrales du système immunitaire) était

redescendu à un niveau de 1,25 par rapport au taux de départ suite à une

augmentation initiale.

Vingt et un patients du groupe A et 19 patients du groupe B ainsi que 18

patients du groupe de contrôle ont participés à cette étude jusqu'à sa fin

en Août 1997. Au groupe A on administra en moyenne 8,5 cycles par patient

et au groupe B en moyenne 4,6 cycles par patient. L'interleukin-2 a été

très bien supporté par les deux groupes (groupe A et groupe B). Outre des

effets secondaires comme une augmentation de la température et quelques

symptômes grippaux environ la moitié des patients avaient des durcissements

lymphatiques au niveau des régions piquées. Des sévères réactions

secondaires augmentation des fonction du foie, réactivation d'une

dépression) ont été plutôt rares. Chez les patients souffrants

simultanément d'une hépatite B ou C, l'application de l'interleukin-2 était

fiable. Les quantités de virus hépatite B et C restaient les mêmes sous la

thérapie à l'interleukin-2.

Après un an de traitement à l' interleukin-2 nous pouvions constater dans

les deux groupes une montée moyenne de plus de 100 cellules de CD4 par mm3

de sang, (groupe A une moyenne de 370 à 492 et une moyenne de 350 à 468

dans le groupe B), alors que les cellules CD4 du groupe de contrôle ne

progressaient que de 388 à 415. Sur seize des quarante-quatre patients une

augmentation de 40% des cellules de CD4 fut même constatée. Dans les deux

groupes, il y avait une augmentation significative des cellules killer CD56

qui assument une fonction importante dans le système immunitaire.

A ce jour, 21 mois après le début de cette étude ni infection spontanée, ni

maladie de peau, caractéristiques de la manifestation du SIDA n'ont été

constaté chez aucun patient. Par contre, dans le groupe de contrôle, dont

les patients n'étaient pas traité à l'interleukin-2, les maladies de peau

prouvant une détérioration du système immunitaire (par exemple des verrues

génitales, des infections fungales de la bouche, le zona) apparaissaient 3

à 6 fois plus fréquemment que dans les groupes traités à l'interleukin-2.

Le développement de la quantité du VIH a été particulièrement intéressant

et bien observé dans le sang et dans les glandes lymphatiques. Ce fait est

important pour exclure une stimulation avec interleukin 2 des cellules CD4

infectées par le VIH. Pour cette raison, cinq paires de glandes

lymphatiques de cinq patients ont été examinées avant le début du

traitement à l'interleukin-2, puis 6 mois après. Les glandes lymphatiques

n'ont montré une augmentation de charge virale de VIH. Dans le sang aussi,

la charge virale de VIH restait la même ou bien diminuait. De plus, chez

quelques patients traités à l'interleukin-2 une diminution significative de

la charge virale de VIH se révéla au cours de l'étude.

Suite à ces résultats, l'interleukin-2 en association avec un traitement

antiretroviral semble être une méthode supplémentaire et fiable pour la

thérapie immunomodulatoire de l'infection VIH. Une adaptation individuelle

du traitement à l'interleukin-2 a obtenu les mêmes résultats bénéfiques

avec l'avantage d'une réduction des doses d'interleukin, des réactions

secondaires et des frais liés à ce traitement. Finalement, les avantages

d'un traitement supplémentaire à l'interleukin-2 ne peuvent être jugé que

par l'apparition d'infections occasionnelles dans le cadre d'études à long

terme. Suite à ces résultats prometteurs une étude européenne du traitement

à l'interleukin-2 sur des patients VIH à taux d'infection avancé (CD4 moins

de 200) est en préparation.

 

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