Stéphane Mallarmé

 

 

Brief an Henri Cazalis

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Texte zur Mallarmé-Rezeption

 

Besançon, vendredi [17 ou mardi] 14 mai 1867,
Rue de Poithune, 36

Je viens de passer une année effrayante: ma Pensée s'est pensée, et est arrivée à une Conception pure. Tout ce que, par contrecoup, mon être a souffert, pendant cette longue agonie, est inénarrable, mais, heureusement, je suis parfaitement mort, et la région la plus impure où mon Esprit puisse s'aventurer est l'Éternité, mon Esprit, ce solitaire habituel de sa propre Pureté, que n'obscurcit plus même le reflet du Temps.

[241] Malheureusement, j'en suis arrivé là par une horrible sensibilité, et il est temps que je l'enveloppe d'une indifférence extérieure, qui remplacera pour moi la force perdue. J'en suis, après une synthèse suprême, à cette lente acquisition de la force – incapable tu le vois de me distraire. Mais combien plus je l'étais, il y a plusieurs mois, d'abord dans ma lutte terrible avec ce vieux et méchant plumage, terrassé, heureusement, Dieu. Mais comme cette lutte s'était passée sur son aile osseuse qui, par une agonie plus vigoureuse que je ne l'eusse soupçonné chez lui, m'avait emporté dans les Ténèbres, je tombai, victorieux, éperdument et infiniment – jusqu'à [242] ce qu'enfin je me sois revu un jour devant ma glace de Venise, tel que je m'étais oublié plusieurs mois auparavant.

J'avoue du reste, mais à toi seul, que j'ai encore besoin, tant ont été grandes les avanies de mon triomphe, de me regarder dans cette glace pour penser et que si elle n'était pas devant la table où je t'écris cette lettre, je redeviendrais le Néant. C'est t'apprendre que je suis maintenant impersonnel et non plus Stéphane que tu as connu, – mais une aptitude qu'a l'Univers spirituel à se voir et à se développer, à travers ce qui fut moi.

Fragile comme est mon apparition terrestre, je ne puis subir que les développements absolument nécessaires pour que l'Univers retrouve, en ce moi, son identité. Ainsi je viens, à l'heure de la Synthèse, de délimiter l'œuvre qui sera l'image de ce développement. Trois poèmes en vers, dont Hérodiade est l'Ouverture, mais d'une pureté que l'homme n'a pas atteinte et n'atteindra peut-être jamais, car il se pourrait que je ne fusse le jouet que d'une illusion, et que la machine humaine ne soit pas assez parfaite pour arriver à de tels résultats. Et quatre poèmes en prose, sur la conception spirituelle du Néant.

[...]

Le livre de Dierx est un beau développement de Leconte de Lisle. S'en séparera-t-il comme moi de Baudelaire.

 

 

 

Besançon, Freitag [17. oder Dienstag] 14. Mai 1867,
Rue de Poithune, 36

Ich habe ein entsetzliches Jahr hinter mir: Mein Denken dachte sich und ist bei einem reinen Konzept angelangt. Wie sich das an meinem Wesen rächte und was ich während dieser langen Agonie erlitt, ist unmöglich in Worte zu fassen, aber glücklicherweise bin ich ganz tot und die unreinste Gegend, in die mein Geist sich verirren könnte, ist die Ewigkeit – mein Geist, der gewohnt ist, einsam zu sein in seiner eigenen Reinheit und der nicht einmal vom Widerschein der Zeit getrübt wird.

[241] Leider bin ich wegen einer furchtbaren Empfindsamkeit soweit gekommen und es ist höchste Zeit, dass ich diese mit scheinbarer Gleichgültigkeit verkleide, um die verlorene Kraft zurückzugewinnen. Nach einem allerletzten Gesamtüberblick bin ich jetzt bei dieser langsamen Aneignung der Kräfte und, wie Du siehst, unfähig zu Zeitvertreib. Aber um wieviel weniger war ich es noch vor einigen Monaten, zunächst in meinem entsetzlichen Kampf mit diesem alten, bösen, glücklicherweise zerstörten Gefieder, Gott. Aber da sich dieser Kampf auf seinen knöchernen Schwingen abspielte, die mich durch eine Agonie, eine kraftvollere, als ich es von ihm erwartet hatte, in das Reich der Finsternis entführt hatten, fiel ich, siegreich, überwältigt und immer weiter – bis [242] ich mich schließlich eines Tages vor meinem Spiegel aus Venedig wiedersah, so wie ich mich mehrere Monate davor vergessen hatte.

Ich gestehe übrigens, aber dies nur Dir, dass die Kränkungen meines Triumphs so groß waren, dass ich mich noch weiter in diesem Spiegel sehen muss, um zu denken, und stünde er nicht auf dem Tisch, auf dem ich Dir diesen Brief schreibe, so würde ich wieder das Nichts werden. Ich teile Dir also mit, dass ich jetzt unpersönlich bin und nicht mehr der Stéphane, den Du kanntest – aber eine Fähigkeit des geistigen Universums, sich durch das, was Ich war, zu sehen und zu entwickeln.

Zerbrechlich wie meine irdische Erscheinung kann ich nur die Entwicklungen durchleben, die absolut notwendig sind, damit das Universum in diesem Ich seine Identität wiederfindet. Ich habe also, in der Stunde des Gesamtüberblicks, das Werk eingegrenzt, welches das Abbild dieser Entwicklung sein wird. Drei Gedichte in Versen, deren Ouvertüre Herodiade darstellt, aber von einer Reinheit, die der Mensch noch nicht erreicht hat und vielleicht nie erreichen wird, denn es ist möglich, dass ich nur das Spielzeug einer Illusion bin und dass die menschliche Maschine nicht perfekt genug ist, um zu solchen Ergebnissen zu gelangen. Und vier Prosagedichte über den geistigen Begriff des Nichts.

[. . .]

Das Buch von Dierx ist eine schöne Weiterführung von Leconte de Lisle. Wird er sich von ihm lösen wie ich von Baudelaire ?

 

(Übersetzung: Rudolf Brandmeyer u. Françoise Delignon)

 

 

 

 

Druckvorlage

Stéphane Mallarmé: Correspondance. [Bd. 1], 1862 – 1871.
Hrsg. von Henri Mondor u. Jean-Pierre Richard. Paris: Gallimard 1959, S. 240-244.

Unser Auszug: S. 240-242 u. 244.

Die Textwiedergabe erfolgt nach dem ersten Druck (Editionsrichtlinien).
Datierung korrigiert nach Marchal (Œuvres complètes. Bd. 1. Paris 1998, S. 713).

 

 

Kommentierte Ausgaben

 

 

Werkverzeichnis


Verzeichnisse

Mallarmé: Œuvres complètes. 2 Bde. Hrsg. von Bertrand Marchal.
Paris: Gallimard 1998 u. 2003 (= Bibliothèque de la Pléiade, 65 u. 497).
Bd. 1, S. 1453-1477: Bibliographie.
Bd. 2, S. 1821-1834: Bibliographie.




Mallarmé, Stéphane: L'après-midi d'un faune. Églogue.
Paris: Derenne 1876.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70715c

Mallarmé, Stéphane: Album de vers & de prose.
Bruxelles: Librairie Nouvelle; Paris: Librairie Universelle 1887.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k710599

Mallarmé, Stéphane: Les poésies de Stéphane Mallarmé: photolithographiées du manuscrit définitif [...].
Paris: la Revue indépendante 1887.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k713501

Les Poèmes d'Edgar Poe. Traduction de Stéphane Mallarmé.
Bruxelles: Deman 1888.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10567106

Mallarmé, Stéphane: Pages.
Bruxelles: Deman 1891.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71043x

Mallarmé, Stéphane: Vers et Prose. Morceaux choisis.
Paris: Perrin 1893.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71060h
URL: https://archive.org/details/versetprosemorce00malluoft   [2e édition 1893]

Mallarmé, Stéphane: Oxford, Cambridge. La Musique et les Lettres.
Paris: Perrin et Cie 1895.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k113400g

Mallarmé, Stéphane: Divagations.
Paris: Fasquelle 1897.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626855p
URL: https://archive.org/details/divagations00mall


Mallarmé, Stéphane: Poésies.
Bruxelles: Deman 1899.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626858x

Mallarmé, Stéphane: Un coup de dés jamais n'abolira le hasard.
Paris: Nouvelle Revue française 1914.
URL: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71351c
URL: https://archive.org/details/uncoupdedsjamai00mallgoog

 

 

 

Literatur

Badesco, Luc: La Génération poétique de 1860. La jeunesse des deux rives. Milieux d'avant-garde et mouvements littéraires. Les oeuvres et les hommes. 2 Bde. Paris 1971.

Bénichou, Paul: Selon Mallarmé. Paris 1995 (= Bibliothèque des Idées).
Vgl. S. 24-30.

Benoit, Eric: Néant sonore. Mallarmé ou la traversée des paradoxes. Genf 2007.

Brandmeyer, Rudolf: Poetiken der Lyrik: Von der Normpoetik zur Autorenpoetik. In: Handbuch Lyrik. Theorie, Analyse, Geschichte. Hrsg. von Dieter Lamping. 2. Aufl. Stuttgart 2016, S. 2-15.

Dragonetti, Roger: Métaphysique et poétique (Hérodiade, Igitur, Le Coup de dés). In: Ders., Études sur Mallarmé. Hrsg. von Wilfried Smekens. Gent 1992 (= Romanica Gandensia, 22), S. 111-156.

Frangne, Pierre-Henry: La négation à l'oeuvre. La philosophie symboliste de l'art (1860 – 1905). Rennes 2005 (=Æsthetica).

Gibson, Robert (Hrsg.): Modern French Poets on Poetry. An Anthology. 2. Aufl. Cambridge u.a. 1979.

Gill, Austin: The Early Mallarmé. 2 Bde. Oxford u.a. 1979/86.

Gleize, Jean-Marie (Hrsg.): La poésie. Textes critiques XIVe-XXe siècle. Paris 1995 (= Textes essentiels).

Höllerer, Walter (Hrsg.): Theorie der modernen Lyrik. Neu herausgegeben von Norbert Miller und Harald Hartung. 2 Bde. Darmstadt 2003.

Joseph, Lawrence A.: Henri Cazalis, sa vie, son oeuvre, son amitié avec Mallarmé. Paris 1972.

Kaufmann, Vincent: L'équivoque épistolaire. Paris 1990.

Lipking, Lawrence: Poet-critics. In: The Cambridge History of Literary Criticism. Bd. 7: Modernism and the New Criticism. Hrsg. von A. Walton Litz. Cambridge u.a. 2000, S. 439-467.

Lloyd, Rosemary: Mallarmé. The Poet and His Circle. Ithaca, N.Y. u.a. 1999.

Marchal, Bertrand: La religion de Mallarmé. Poésie, mythologie et religion. Paris 1988.

Marchal, Bertrand: La correspondance de Mallarmé, entre paratexte et avant-texte. In: Genèse & Correspondances. Hrsg. von Françoise Leriche u.a. Paris 2012, S. 131-141.

Müller, Wolfgang G.: Art. Brief. In: Handbuch der literarischen Gattungen. Hrsg. von Dieter Lamping. Stuttgart 2009, S. 75-83.

Rives, Rochelle: Modernist Impersonalities. Affect, Authority, and the Subject. Basingstoke u.a. 2012.

Steinmetz, Jean-Luc: Mallarmé. L'absolu au jour le jour. Paris 1998.
Vgl. S. 105-127.

Wais, Kurt: Mallarmé. Dichtung · Weisheit · Haltung. München 1952.
Vgl. S. 177-200.

Williams, Heather: Mallarmé's Early Correspondance: The Language of Crisis. In: Romance Studies 19,2 (2001), S. 148-159.

Wojtynek-Musik, Krystyna: La lettre comme suggestion interprétative. Mallarmé et Cazalis. In: La Lettre. Actes du colloque international franco-polonais organisé par la chaire de philologie romane avec la coopération de l'Université Lumière Lyon 2, Lódz, du 7 au 9 octobre 1997. Lódz 2000 (= Acta Universitatis Lodziensis; Folia litteraria romanica, 1), S. 139-149.

 

 

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