Georges Chennevière

 

 

Le frisson nouveau

 

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Literatur

 

On est frappé, en relisant aujourd'hui les vers parus il y a quinze ans, de voir combien il est facile de les dater, et comme certains d'entre eux ont vieilli, ceux-là précisément qui sont les plus caractéristiques de la manière symboliste, et que de nouvelles écoles essaient à l'heure actuelle de faire revivre. Quelle est, sincèrement, l'impression que me laissent les "Premiers Poèmes" de M. Henri de Régnier par exemple? Je viens de fermer le livre et je cherche à me rappeler: je suis très étourdi; j'ai entendu de la musique; j'ai vu des paysages extraordinaires où il y avait de l'or, des avalanches d'or, quelques fleurs naturelles, des maisons, des Dames penchées sur l'eau... pardon, je veux dire: qui miraient "l'antiquité des ors les plus sacrés" (il s'agit de leurs cheveux) dans le "gel glauque des étangs"; ces Dames étaient en exil et regardaient des Chevaliers armés de pied en cape, qui venaient de la Ville, au crépuscule. Il y avait aussi beaucoup de choses qui saignaient dans le soir, autant de pierres précieuses que dans les grottes de Monte-Christo: béryls, opales, émeraudes, chrysolithes, diamants, saphyrs, etc... plus des amphones ou onyx, de la soie, des brocarts, sans compter une ménagerie héraldique très bien montée: Chimères, Guivres, Licornes, Paons noirs et Stryges. C'est étonnant comme mes impressions ressemblent à un inventaire. D'autres souvenirs accourent en foule, des souvenirs de détail: beaucoup de mots simples avaient une majuscule, Désir, Vigilante, Passante, Bienvenue, Celui, Ceux, Celles. Je ne me rappelle plus les titres de chaque poème: je les ai oubliés dès les premiers vers. Les sujets se sont réduits dans ma mémoire à quelques promenades et quelques gestes: l'Ame se regarde dans le Gel; elle se retourne et voit passer la Douleur, la Joie, L'Espoir, l'Amour; elle leur serre la main, leur adresse deux ou trois compliments bien sentis et part avec le Destin, qui a un Glaive rutilant. Ils errent tous les deux dans la forêt ensanglantée; parfois ils pénètrent dans la Maison, pour l'aérer, et regarder par la fenêtre les fameux chevaliers avec les Bêtes des écus qui mordent et les peunous de sinople écartelés d'azur. Quand ils les ont assez vus, ils se tournent du côté du Temps et des Clepsydres, puis ils allument la Lampe, et comme ils ont perdu la Clé de la Porte, ils restent dans la maison et ils s'ennuient, – et moi aussi. – Il y a des vers que je n'ai pas du tout compris: j'opine qu'ils devaient être écrits dans une autre langue. Il y en a d'autres que j'ai mis un quart d'heure à déchiffrer: leur sens était généralement des plus simples. Enfin, de toute cette confusion (est-ce à moi qu'elle est imputable? ou au poète?) surnagent de beaux vers, qu'on n'avait jamais dits, profonds, graves, délicats, émouvants; ils sont très nombreux d'ailleurs, mais tout ce clinquant les efface et toute cette ferraille les étouffe.

D'ou vient la lassitude qui me reste? cet amas de souvenirs incohérents, que je ne parviens pas à débrouiller? Pourquoi ai-je oublié le [202] titre de chaque poésie et les sentiments qu'elle exprimait? C'est que d'un bout à l'autre du livre, le décor varie très peu, à cause de la trop grande abondance des détails: il est trop minutieux et trop précis. Je sais que ce sont là des rêveries: les formes sont les accidents de la rêverie, mais leur mobilité même les rend incertaines. Or, dans notre cas, le poète les immobilise, les décrit, les juxtapose. L'ensemble a beau être bigarré: il ne change pas. De même, rien n'est plus monotone en musique que la suppression complète du rhythme jointe à l'opposition continuelle des timbres<.> Tous les arts ont besoin d'une harmonie fondamentale, de l'unité sous laquelle la vie n'est pas. Les Symbolistes, qui ont volu être spontanés et subjectifs, obéissent en réalité à un déterminisme d'inspiration rigoureux, qui a peu de rapport avec l'illogique des impressions et la fluidité des états d'âme. Ce mécanisme, c'est l'influence en retour du métier sur le génie. Dans un poème symboliste, vous verrez toujours une route, une forêt, quelqu'un qui attend, un étang dans le voisinage, la Ville au loin, la Passante et le Bienvenu d'Amour. L'aurore y est inconnue et l'automne perpétuel. Sans prétendre réhabiliter les brunes, à l'heure où l'eau oxygénée donne raison à M. Henri de Régnier, je constate timidement que toutes les femmes de ses poèmes sont blondes (cf. Premiers Poèmes, pp. 16, 26, 34, 40, 50, 66, 73, 86, 95, 163....) Ce détail, insignifiant en soi, prouve simplement que le poète a une vision très restreinte des choses et qu'il n'est pas imaginatif. De même la vitre, l'eau, le lac deviendront des gels glauques, moirés et dorés, – et chaque fois que le poète en parlera, il les désignera par cette périphrase.

Enfin, cette mosaïque de détails, qui nuit à la forme, nuit aussi – et beaucoup plus encore, au symbole même. Quand M. Maeterlinck compare les heures à des Vierges indifférentes qui passent auprès de nous sans sourire et ne dénouant leurs ceintures que si nous leur avons fait signe, l'image est belle, le symbole profond, parce que toute l'idée y est contenue et qu'il ne contient rien d'étranger à l'idée. Que fera M. Henri de Régnier? il décrira minutieusement les vêtements de vierges, les opales qui annèlent leurs doigts; il y aura dans le voisinage un Oiseau bleu dont le jeu gennal dispersera des rubis suprêmes et une licorne d'armoirie qui écrasera les rubis au bris de ses sabots. Est-ce que l'oiseau et la licorne ajoutent quelque chose au symbole? Nous avons perdu de vue l'idée depuis longtemps: vous raffinez sur l'accessoire, sur l'accidentel, et cet accessoire revient à chaque page et resservira pour n'importe quel autre symbole. J'ajoute que le procédé est aujourd'hui facile, qui consiste à personnifier les sentiments ou les abstractions, et à mettre une majuscule aux noms communs. Une fois que vous avez écrit: Sourire, Espoir, Joie..., vous pouvez les habiller comme il vous plaira, les orner de tous les attributs possibles, les faire s'asseoir, se promener le long de la mer, boire à la fontaine, dormir. Cela n'avance à rien. Est-ce du symbole? non, c'est de la rhétorique et nous avons affaire à des mannequins. Cette façon d'envisager toutes choses comme un être pensant aboutit d'ailleurs à un anthropomorphisme puéril: quand le sentiment que vous leur prêtez vient d'une image que leur forme vous suggère, très bien, mais quand la personnification est fabriquée pour du tableau, elle est presque [203] toujours ridicule. Et puisque le symbolisme prétendait réagir contre l'impassibilité des Parnassiens, et sauver les droits de l'inspiration, nous pouvons à notre tour nous demander si celle-ci était véritablement nouvelle et si elle comportait une telle révolution dans la forme, un tel attirail dans la mise en œuvre. Quel est le sentiment qui a servi de thème préféré aux symbolistes? la mélancolie de l'âme en face de l'universel écoulement des phénomènes, ses efforts pour éterniser l'éphémère et survivre à sa propre dispersion, – avec tout le cortège des états secondaires qui en dérivent, angoisses de l'attente, regrets du passé, tristesse de la mémoire, silences de l'être, qui, ne voulant plus subir la nature, se crée des paysages artificiels, pour se chercher sans se trouver. Tout cela nous a valu des chefs-d'œuvre comme les "Scènes au Crépuscule", chefs-d'œuvre parce que l'inspiration y demeure maîtresse du métier, et qu'elle n'a pas besoin de rhétorique pour se faire illusion sur ces défaillances, encore faut-il ajouter, pour être juste que cette inspiration est assez voisine de celle des "Méditations", ces sortes de sujets ne sont pas inépuisables, un tel état d'âme est au fond peu varié et ne se prête pas à d'éternelles modifications. Qu'arrive-t-il? le poète rappelle à lui la troupe des Licornes et des Guivres, ressème les pierres magiques, remplace l'inspiration par le métier, décrit des boucles de ceinture et des oriflammes, et retourne ainsi aux pires procédés parnassiens qu'il combattait tout à l'heure.

Les disciples et les successeurs des Symbolistes n'ont rien apporté de nouveau. Quelques-uns se sont contentés d'un éclectisme prudent; ceux qui ont réagi contre le Symbolisme n'ont rien trouvé pour le remplacer, et ceux qui ont voulu lui refaire une virginité ou bien exagèrent les procédés – ce qui permet de voir, à un fort grossissement, les défauts qui avaient passé inaperçus, ou bien atténuent les audaces qui avaient d'abord effrayé le public et reprennent de vieux sujets en les mettant à portée de tout le monde. Ceci est une tentative de vulgarisation, plutôt qu'un essai de renouvellement littéraire.

Les fidèles de Mallarmé sont arrivés aux dernières limites de l'exprimable et l'individualisme en poésie s'est perdu dans cette orchestration verbale qui n'est ni de la musique, ni de la poésie, ni surtout de l'art, car on m'accordera que l'art doit être compris par d'autres gens que l'artiste. Sinon, pourquoi ne pas pousser le subjectivisme jusqu'à se créer une langue spéciale, indéchiffrable pour le vulgaire et à travailler sur des sujets comme le suivant, d'une originalité incontestable: "impressions ressenties sur le Puy-de-Dôme à 393m95 de hauteur, côté ouest, le 26 mai 19..., par un temps de pluie, le corps incliné à 45o?"

Des gens plus sages, comme M. Jean Moréas, ont renoncé à cette originalité de mauvais aloi! malheureusement ils n'en ont pas trouvé de bon aloi, leurs exercises consistant à faire des pastiches de Ronsard ou de Racine sous prétexte que les classiques restent malgré tout les maîtres de l'art. D'abord il est permis d'en douter, et, en outre, il n'est pas besoin, pour le prouver, de transformer la poésie en une gymnastique de chambre, bonne tout au plus à récréer de vieux professeurs d'archéologie.

Jusqu'à présent, je n'ai parlé que des maîtres (?) Derrière eux se traîne la foule grouillante des médiocres! neurasthéniques, névrosés, [204] nuptiques; béquillards de l'inspiration. Quand la poésie sera-t-elle enfin délivrée de ces défroques piteuses: le soir saignant, la forêt saignante, l'Elue songeuse, l'eau plate, le cygne, les nénuphars, les asphodèles, le clair de lune malade lui aussi? Que dirait Hugo, s'il voyait sur les couvertures des valses lentes à la mode, ce qu'est devenue sa "rêverie immense de la lune"? Dans ce paysage conventionnel s'est réfugié ce sentimentaliste fade, qui n'a pour lui ni l'excuse de l'art, ni celle de la sincérité. Nous avons enfin, suprême raffinement, les amateurs de sensations anormales, qui se sont voués au culte de l'Immortelle Idole, verdâtre, hiératique, émaciée; les martyrs du baiser, égratignés par les ronces, avec des rubis de sang le long du cou. Il n'est pas aujourd'hui d'employé rêveur ou d'aspirante au brevet qui ne s'accorde du génie pour avoir fabriqué une pièce de vers variant comme inspiration entre la platitude écœurante des lauréates de <"Femina"> et le sensualisme détraqué des Invertis.

Il est temps que la pensée reprenne ses droits. Apprenons à penser. L'artiste doit refaire l'évolution qui l'a précédé et devenir un homme de son époque. Ces truismes sont bons à dire aujourd'hui, car on oublie un peu trop, qu'au moment où Verlaine s'agenouillait aux pieds de sa mère Marie, où M. Henri de Régnier attendait la Passante d'Amour, il existait en Europe des hommes comme Ibsen, Renan, et Nietzsche dont les préoccupations étaient infiniment plus graves et plus élevées. La poésie a besoin d'être renouvelée: il faut qu'on y sente de nouveau circuler l'idée et l'inspiration. La forme a été libérée: on lui a fait subir toutes les modifications nécessaires et possibles et les poètes d'aujourd'hui ont en mains un instrument souple et docile.

Pour les idées, ils n'ont qu'à regarder autour d'eux. La vie moderne en vaut bien la peine. Il est curieux, je pense, d'examiner les tendances de l'humanité actuelle, les lois des groupements sociaux, leurs modes de vie, la prépondérance de la collectivité, l'absorption de l'individu dans la cité. Que la vie humaine ait une mission particulière, ou qu'elle ait sa fin en soi, il n'en est pas moins vrai qu'elle ne progresse que grâce au sacrifice incessant de l'individu à l'"unanime". Elle ira plus vite si l'individu est de bonne volonté, mais elle ira toujours et malgré lui, car on ne s'insurge pas contre des forces naturelles. Je ne nie pas le moi: chaque moi est un exemplaire unique dans l'espace et le temps, mais il ne constitue à sa façon qu'un des produits de l'espèce à un moment déterminé. Je constate d'ailleurs que le meilleur de ce moi, c'est-à-dire l'ensemble des sentiments et des aspirations qui le dépassent, vient de la pression du groupe sur lui. Le reste, c'est l'instinct féroce, qui ne songe qu'à la conservation de la vie, et médite sur tous les moyens possibles de s'en assurer les jouissances.

On peut cultiver son moi sans avoir la vanité de se débattre contre des lois inexorables, et surtout sans se donner le ridicule de les nier. La philosophie moderne, Nietzsche surtout a montré l'inutilité foncière de la religion et de la morale et débarrassé l'homme de pas mal d'illusions et de préjugés. L'homme en est-il plus libre? il a simplement pris une nouvelle attitude vis-à-vis d'un mystère inéclairci. J'insiste sur ce point pour montrer l'influence prépondérante que l'espèce en général, et par suite n'importe quel groupement humain exerce sur [205] l'individu, depuis les lois purement physiques, jusqu'à celles, un peu plus complexes, qui règnent dans une foule, un salon, un milieu déterminé. Or, l'art n'a pas encore traité ces sortes de sujets. Et il ne s'agit pas ici de "réintégrer l'univers dans le subconscient", de montrer, à grand fracas que la poésie doit s'occuper – étonnante nouvelle! – doit s'occuper, dis-je, de l'univers; il ne s'agit pas non plus de faire du Barrès, de reconstituer les origines lointaines de notre moi et de marcher vers l'avenir en lui tournant le dos: nous sommes en présence de faits indéniables, de réalités actuelles. On ne s'est pas encore occupé des drames qui peuvent agiter une foule; de la morale particulière que nous avons au théâtre, en présence d'un assassin, et chez nous; de l'attitude que nous prenons en pénétrant dans un milieu pour la première fois; de la force irrésistible des sentiments unanimes: haine, colère, bravoure, enthousiasme, curiosité; de l'aide merveilleuse qu'apporte à l'idée ou au sentiment d'un homme la coopération d'un groupe; du progrès que cette idée ou ce sentiment effectue à son tour chez l'individu, quand ils sont partagés par mille, cent mille, un million d'individus; en un mot de la vie unanime et pas du tout métaphorique d'un groupement, quel qu'il soit, et dans quelque endroit qu'il soit. A ceux qui souriraient je conseille de lire certaines pages de la "Vie des Abeilles", où M. Maeterlinck imagine la représentation que se ferait de l'humanité un spectateur qui la regarderait travailler de très haut, dans ce cas, est-ce l'individu en lui-même qui l'intéresserait? Il étudierait simplement les hommes, leur manière unanime de vivre, d'être heureux, de travailler, de se réunir; il ferait des expériences sur leur ténacité, leur audace, ou leur bassesse, en démolissant par exemple deux ou trois villes, en dispersant les habitants, afin de voir comment ils interprèteraient cet événement inattendu et ce qu'ils feraient pour le réparer, et il découvrirait ainsi bien des mystères que nous ne soupçonnons pas encore, et qui fourniront à l'art les sujets dont il a besoin pour se renouveler. Quittons la rue et montons sur les toits pour contempler la rue.

Le bon sens et le mauvais vouloir multiplient les objections: on nie les sentiments unanimes, facétie qui ne dénote pas une recherche excessive; on prétend ailleurs que ce sont là des rengaînes archaïques et que l'art depuis longtemps a devancé nos projets, – et l'on cite n'importe qui: Baudelaire, Sophocle, Shelley; pourquoi pas Ronsard, Columelle, ou Théocrite? Le snobisme, il est vrai, traite de vieilleries, tout ce qui peut paraître nouveau, les snobs étant des conservateurs attardés. Enfin, sans contester la présence des sentiments unanimes, quelques-uns n'y voient pas matière à poésie. Pourquoi? Il n'y a pas de poétiques. Tous se prêtent à l'art, si on veut se donner la peine de les approfondir, car la vulgarité ou le prosaïsme ne viennent jamais que de la façon plus ou moins superficielle dont on les interprète.

 

 

 

Der neue Schauder

 

Wenn man heute die vor fünfzehn Jahren erschienenen Gedichte liest, ist man verblüfft, wie leicht sie zu datieren sind und wie alt einige von ihnen wirken, und zwar genau diejenigen, die für die symbolistische Art am meisten charakteristisch sind und die neue Strömungen in diesem Augenblick wieder beleben wollen. Wenn ich ehrlich sein will, welchen Eindruck hinterlassen bei mir zum Beispiel die "Premiers Poèmes" von Henri Régnier? Ich habe gerade das Buch weggelegt und versuche mich zu erinnern: Ich bin noch ganz benommen; ich habe Musik gehört; ich habe außergewöhnliche Landschaften gesehen, die nur so von Gold strotzten, einige natürliche Blumen, Häuser, Damen, die sich über das Wasser beugen ... Verzeihung, ich wollte sagen: die "uraltes und heiligstes Gold" (gemeint sind ihre Haare) im "blaugrünen Eis der Weiher spiegeln"; diese Damen waren in der Verbannung und betrachteten von Kopf bis Fuß bewaffnete Ritter, die in der Abenddämmerung aus der Stadt kamen. Es gab auch viele Dinge, die am Abend blutrot schimmerten, kostbare Steine, eben so viele wie in den Grotten von Monte Christo: Berylle, Opale, Smaragde, Chrysolithen, Diamanten, Saphire, usw. ... darüber hinaus Amphone oder Onyx, Seide, Brokat, abgesehen von einer sehr gut zusammengestellten heraldischen Menagerie: Chimären, Schlangen, Einhörner, schwarze Pfauen, Strygen. Es ist erstaunlich, wie sehr meine Eindrücke einem Inventar ähneln. Andere Erinnerungen treten in großer Zahl hinzu, Erinnerungen an Einzelheiten: Viele einfache Wörter waren groß geschrieben, Begehren, die Wachsame, die Passantin, die Willkommene, Derjenige, Diejenigen, Diese. Ich erinnere mich nicht mehr an die Titel jedes Gedichts: Ich habe sie von den ersten Versen an vergessen. In meiner Erinnerung beschränken sich die Themen auf einige Spaziergänge und einige Gesten: Die Seele betrachtet sich im Eis; sie wendet sich um und sieht den Schmerz vorbeigehen, die Freude, die Hoffnung, die Liebe; sie drückt ihr die Hand, richtet zwei oder drei tief empfundene, feierliche Worte an sie und geht fort mit dem Schicksal, das ein funkelndes Schwert trägt. Beide ziehen sie umher im blutroten Wald; manchmal dringen sie in das Haus ein, um Luft herein zu lassen und um durch das Fenster die berühmten Ritter anzusehen mit den bissigen Tieren der Wappenschilder und den grünen Penou auf einem viergeteilten Wappengrund von Azur. Wenn sie diese genug betrachtet haben, wenden sie sich dem Lauf der Zeit und der Wasseruhr zu, dann zünden sie die Lampe an, und weil sie den Schlüssel der Pforte verloren haben, bleiben sie im Haus und langweilen sich – und ich mich auch. Es gibt Verse, die ich überhaupt nicht verstanden habe: Ich denke, dass sie in einer anderen Sprache geschrieben sein müssen. Es gibt andere, für deren Entschlüsselung ich eine Viertelstunde gebraucht habe: Ihre Bedeutung war in der Regel die allereinfachste. Über all dieser Verwirrung, von der ich nicht weiß, ob ich sie mir oder dem Dichter zuschreiben soll, bleiben schließlich schöne Verse, die noch nie gesagt wurden tiefsinnige, ernste, zarte, bewegende; übrigens gibt es davon sehr viele, aber all dieser Flitterkram löscht und dieser ganze alte Plunder erstickt sie.

Woher kommt der Überdruss, der bei mir zurückbleibt? Dieser Haufen unzusammenhängender Erinnerungen, in den ich keine Ordnung bringen kann? Warum habe ich den [202] Titel jedes Gedichts vergessen und die Gefühle, die es ausdrückte? Weil vom Anfang bis zum Ende des Buches wegen der Überfülle der Einzelheiten das Dekor sehr wenig variiert: Es ist zu minuziös und zu bestimmt. Ich weiß, dass das Träumereien sind: Die Formen sind die Zufälle der Träumerei, aber gerade ihre Beweglichkeit macht sie unbestimmt. In unserem Fall aber stellt der Dichter sie still, er beschreibt sie, er setzt sie nebeneinander. Vergeblich gibt sich das Ganze bunt: Es gibt keine Abwechslung. Ebenso ist auch in der Musik nichts monotoner als die vollständige Aufgabe des Rhythmus, verbunden mit dem ununterbrochenen Gegensatz der Klangfarben. Alle Künste brauchen eine fundamentale Harmonie, sie brauchen Einheit, ohne die es kein Leben gibt. Die Symbolisten, die spontan und subjektiv sein wollten, gehorchen in Wirklichkeit einem Determinismus von peinlich genauer Inspiration, der mit dem Alogischen der Eindrücke und dem Verschwimmenden der Stimmungen wenig zu tun hat. Dieser Mechanismus kommt vom Handwerk, wenn es zurückschlägt auf das Genie. In einem symbolistischen Gedicht werden sie immer einen Weg sehen, einen Wald, jemanden, der wartet, einen Weiher in der Nähe, die Stadt in der Ferne, die Frau, die vorübergeht und den Geliebten, der willkommen geheißen wird. Dort kennt man nicht die Morgendämmerung, und es ist immer Herbst. In dem Augenblick, in dem das Wasserstoffsuperoxyd Henri de Régnier Recht gibt, will ich nicht den Ruf der Brünetten wiederherstellen, merke aber doch schüchtern an, dass alle Frauen in seinen Gedichten blond sind (vgl. Premiers Poèmes, S. 16, 26, 34, 40, 50, 66, 73, 86, 95, 163.... ). Dieses an sich unbedeutende Detail beweist ganz einfach, dass der Dichter eine sehr eingeschränkte Sicht der Dinge hat und dass er nicht erfinderisch ist. Ebenso verhält es sich mit dem Fenster, dem Wasser, dem See: Sie werden immer zu düsteren, schillernden und vergoldeten Eisflächen werden, und jedes Mal, wenn der Dichter davon sprechen wird, wird er sie mit dieser Periphrase bezeichen.

Dieses Mosaik von Details schließlich, das der Form schadet, schadet auch, und zwar noch viel stärker, dem Symbol selbst. Wenn Maeterlinck die Stunden mit gleichgültigen Jungfrauen vergleicht, die bei uns vorbeigehen, ohne zu lächeln und die ihre Gürtel nur lösen, wenn wir ihnen ein Zeichen gegeben haben, dann ist das Bild schön und das Symbol tiefsinnig, weil die ganze Idee darin beschlossen ist und weil es nichts enthält, was der Idee fremd ist. Was wird Henri de Régnier tun? Er wird peinlich genau die Kleidung der Jungfrauen beschreiben, die Opale, die ihre Finger beringen; es wird in der Nähe einen blauen Vogel geben, der mit dem Spiel seiner Wangen äußerst schöne Rubine verstreuen wird und auf einem Wappen ein Einhorn, das die Rubine mit dem Tritt seiner Hufe zerstört. Fügen der Vogel und das Einhorn dem Symbol etwas hinzu? Wir haben seit langem die Idee aus dem Blick verloren: Ihr verfeinert das Nebensächliche und das Zufällige, und dieses Beiwerk kommt auf jeder Seite wieder, und wird bei irgend einem anderen Symbol erneut seine Dienste leisten. Ich bemerke ergänzend, dass es heutzutage ein einfaches Verfahren ist, die Gefühle oder Abstraktionen zu personifizieren und gewöhnliche Hauptwörter groß zu schreiben. Wenn ihr einmal groß geschrieben habt: Lächeln, Hoffnung, Freude... dann könnt ihr sie kleiden, wie es euch beliebt, sie mit allen möglichen Attributen schmücken und sie veranlassen, sich zu setzen, am Meer spazieren zu gehen, an einer Quelle zu trinken und zu schlafen. Das führt zu nichts. Ist das symbolisch? Nein, das ist Rhetorik, und wir haben es mit Modepuppen zu tun. Diese Art, alle Dinge wie ein denkendes Wesen zu betrachten, führt übrigens zu einem albernen Anthropomorphismus: Wenn das Gefühl, das ihr ihnen zuschreibt, von einem Bild kommt, das ihr Äußeres euch nahe gelegt hat, so ist das in Ordnung, aber wenn die Personifizierung in rein dekorativer Absicht gemacht ist, wirkt sie fast [203] immer lächerlich. Und da der Symbolismus den Anspruch erhob, sich gegen die Unbewegtheit der Parnassiens zu stellen und das Recht der Inspiration zu retten, so können wir uns unsererseits fragen, ob diese Inspiration wirklich neu war und ob sie eine entsprechende Revolution der Form mit sich brachte und nicht vielmehr diesen Ausstattungskram bei der Umsetzung ins Werk. Welches Gefühl ist es, das den Symbolisten als bevorzugtes Thema diente? Die Melancholie der Seele angesichts des universellen Dahinfließens der Erscheinungen, ihre Anstrengungen, das Vergängliche zu verewigen und die eigene Zerstreuung zu überleben – mit dem ganzen Gefolge sekundärer Stimmungen, die sich daraus ergeben, angstvolle Erwartungen, Sehnsucht nach der Vergangenheit, Trauer der Erinnerung, Schweigen des Menschen, der, weil er die Natur nicht mehr ertragen will, sich künstliche Landschaften schafft, um sich zu suchen, ohne sich zu finden. All das hat uns Meisterwerke beschert wie die "Scènes au Crépuscule", Meisterwerke, weil die Inspiration Herrin des Handwerks bleibt, und weil sie keine Rhetorik braucht, um sich über diese Schwächen hinwegzutäuschen, wobei man, um gerecht zu sein, hinzufügen muss, dass diese Inspiration derjenigen der "Méditations" ziemlich nahe ist; diese Arten von Themen sind nicht unerschöpflich, eine solche Stimmung ist im Grunde wenig abwechslungsreich und eignet sich nicht für ewige Änderungen. Was geschieht? Der Dichter zitiert die Schar der Einhörner und Schlangen, sät die magischen Steine wieder aus, ersetzt die Inspiration durch Handwerk, beschreibt Gürtelschnallen und Banner und kehrt so zu den schlimmsten parnassischen Verfahrensweisen zurück, die er gerade bekämpft hatte.

Die Schüler und die Nachfolger der Symbolisten haben nichts Neues gebracht. Einige haben sich mit einem vorsichtigen Eklektizismus zufrieden gegeben; diejenigen, die sich gegen den Symbolismus wandten, haben nichts gefunden, um ihn zu ersetzen, und diejenigen, die ihm seine alte Reinheit wieder geben wollten, übertreiben entweder die Verfahrensweisen – was es erlaubt, in starker Vergrößerung die Schwächen zu sehen, die unbemerkt durchgegangen waren – oder sie mildern die Kühnheiten ab, die das Publikum zunächst schockiert hatten und greifen alte Themen wieder auf, und zwar für jedermann zugänglich. Das ist eher ein Versuch der Popularisierung als einer der literarischen Erneuerung.

Mallarmés Getreue sind in der Poesie an die äußersten Grenzen des Ausdrückbaren gekommen und der poetische Individualismus hat sich in einer verbalen Orchestrierung verloren, die weder Musik ist noch Poesie und vor allem nicht Kunst, denn man wird mir zugestehen, dass die Kunst von anderen Leuten als dem Künstler verstanden werden muss. Andernfalls, warum nicht den Subjektivismus so weit treiben, dass man sich eine eigene Sprache schafft, die für die einfachen Menschen nicht entzifferbar ist und dass man Themen bearbeitet, wie das folgende, das von unbestreitbarer Originalität ist: "empfundene Eindrücke auf dem Puy de Dôme, 393,95 Meter ü.d.M., Westseite, 26. Mai 19.., bei Regenwetter, den Körper 45 Grad geneigt"?

Klügere Leute wie Jean Moréas haben auf diese fälschliche Originalität verzichtet! Unglücklicherweise haben sie bei ihren Exerzitien auch keine echte gefunden, denn diese bestehen darin, Ronsard oder Racine unter dem Vorwand nachzuahmen, dass die Klassiker trotz allem die Meister der Kunst bleiben. Zunächst ist es erlaubt, daran zu zweifeln; und außerdem muß man, um es zu beweisen, die Poesie nicht in eine Gymnastik zu verwandeln, die höchstens dazu taugt, alte Professoren der Archäologie wieder zu beleben.

Bis jetzt habe ich nur von den Meistern gesprochen (?) Hinter ihnen tummelt sich der wimmelnde Haufen der Mittelmäßigen! der Neurastheniker, Neurotiker, [204] Nuptiker, deren Inspiration am Krückstock geht. Wann wird die Poesie endlich von diesem verbrauchten und erbärmlichen Zeug befreit sein: der blutrot schimmernde Abend, der blutrot schimmernde Wald, die träumerische Erwählte, das stille Wasser, der Schwan, die Seerosen, die Asphodelen, der Mondschein, und auch der natürlich krank? Was würde Hugo sagen, wenn er auf dem Deckblatt der zur Zeit modischen langsamen Walzer sähe, was aus seinem "unermesslichem Traum des Mondes" geworden ist? In dieser konventionellen Landschaft hat eine seichte Sentimentalität Zuflucht gefunden, die als Ausrede weder die Kunst noch die Ehrlichkeit für sich in Anspruch nehmen kann. Schließlich haben wir als äußerste Raffinesse die Liebhaber der anormalen Empfindungen, die sich dem Kult des unsterblichen Idols gewidmet haben, das aschgrau ist, sakral und ausgezehrt; die Märtyrer des Kusses, von Brombeersträuchern zerkratzt, mit Rubinen aus Blut am Hals. Heutzutage gibt es keinen schwärmerischen Angestellten oder eine Anwärterin auf eine mittlere Schulreife, die sich nicht Genie zuschreiben, weil sie ein Versstück gemacht haben, deren Inspiration schwankt zwischen der ekelhaften Plattheit der "Femina"-Preisträgerinnen und dem gestörten Sensualismus der gleichgeschlechtlich Liebenden.

Es wird Zeit, dass das Denken wieder in seine Rechte tritt. Lernen wir zu denken. Der Künstler muss die Entwicklung, die ihm vorausging, noch einmal durchmachen und ein Mensch seiner Zeit werden. Diese Binsenweisheiten sollte man heute wieder aussprechen, denn man vergisst es zu leicht: In dem Augenblick, in dem Verlaine vor seiner Mutter Maria in die Knie ging und in dem Henri de Régnier die Große Liebe erwartete, die vorübergeht, gab es in Europa Männer wie Ibsen, Renan und Nietzsche, deren Anliegen unendlich viel ernster und erhabener waren. Die Poesie bedarf einer Erneuerung: Man muss in ihr wieder das Pulsieren des Gedankens und der Inspiration spüren. Die Form ist befreit worden: Man hat sie alle notwendigen und möglichen Änderungen durchmachen lassen, und die Dichter von Heute haben ein flexibles und anpassungsfähiges Instrument in den Händen.

Was die Ideen betrifft, so müssen sie sich nur umschauen. Das moderne Leben lohnt wirklich die Mühe. Ich finde, es ist spannend, die Tendenzen der gegenwärtigen Menschheit zu untersuchen, die Gesetze der sozialen Gruppen, ihre Lebensformen, die Vorrangstellung des Kollektivs, das Aufgehen des Individuums in der Gesellschaft. Es stimmt, dass das menschliche Leben einen besonderen Auftrag bzw. ein Ziel an sich hat; es ist aber darum nicht weniger wahr, dass es nur fortschreitet dank des unausgesetzten Opfers, welches das Individuum dem bringt, worin alle übereinstimmen. Es wird noch schneller vorangehen, wenn das Individuum guten Willens ist, aber es wird immer und auch gegen seinen Willen fortschreiten, denn gegen die natürlichen Gewalten lehnt man sich nicht auf. Ich leugne nicht das Ich: Jedes Ich ist ein einzigartiges Exemplar in Raum und Zeit, aber es bildet auf seine Weise nur eines der zu einem bestimmten Zeitpunkt determinierten Produkte der Gattung. Im übrigen stelle ich fest, dass das Beste dieses Ich, d. h. die Gesamtheit der Gefühle und Bestrebungen, die es übersteigen, von dem Druck kommt, den die Gruppe auf das Ich ausübt. Der Rest ist der wilde Instinkt, der nur an die Selbsterhaltung des Lebens denkt und über alle möglichen Mittel nachsinnt, sich der Freuden des Lebens zu versichern.

Man kann sein Ich kultivieren, ohne doch so hochmütig zu sein, sich gegen unerbittliche Gesetze aufzulehnen und vor allem ohne sich mit ihrer Verneinung lächerlich zu machen. Die moderne Philosophie und vor allem Nietzsche haben das entschieden Nutzlose der Religion und der Moral gezeigt und den Menschen von nicht wenigen Illusionen und Vorurteilen befreit. Ist der Mensch deswegen freier? Er hat nur eine neue Haltung angenommen gegenüber einem unaufgeklärten Geheimnis. Ich betone das, um den entscheidenden Einfluss zu zeigen, den die Gattung im Allgemeinen und folglich jedweder menschliche Zusammenschluss auf das [205] Individuum ausübt – angefangen bei den rein physischen Gesetzen bis zu denen, die, ein wenig komplexer, in einer Menge, einem Salon oder einem bestimmten Milieu herrschen. Die Kunst hat aber diese Arten von Themen noch nicht behandelt. Und hier geht es nicht darum, "das Universum wieder in das Unbewusste aufzunehmen", mit lautem Aufwand zu zeigen, dass die Dichtung, als wäre das eine ganz neue Sache, sich um die Welt kümmern soll; es geht auch nicht darum, wie Barrès zu verfahren, d. h. die weit entfernten Ursprünge unseres Ich zu ergründen und auf die Zukunft zuzugehen, indem man ihr den Rücken zukehrt: Wir stehen unbestreitbaren Tatsachen, aktuellen Wirklichkeiten gegenüber. Wir haben uns noch nicht um die Dramen gekümmert, die eine Menge in Aufruhr versetzen können; um das jeweils besondere sittliche Empfinden, das wir haben, wenn wir im Theater sind, angesichts eines Mörders, oder bei uns zu Hause; um die Haltung, die wir einnehmen, wenn wir zum ersten Mal in ein neues Milieu kommen; um die unwiderstehliche Kraft der einstimmigen Gefühle: Hass, Zorn, Mut, Enthusiasmus, Neugierde; um die wunderbare Hilfe, welche die Kooperation mit einer Gruppe dem Denken und Gefühl eines Menschen leistet; um die Weiterentwicklung, die diese Idee oder dieses Gefühl ihrerseits bei einem Individuum bewirken, wenn sie geteilt werden von tausend, hundert Tausend, ja einer Millionen Individuen; mit einem Wort um das kollektive und keineswegs metaphorisch gemeinte Leben eines menschlichen Verbunds, welcher und wo immer er auch sei. Denjenigen, die jetzt lächeln möchten, empfehle ich, einige Seiten aus dem "Leben der Bienen" zu lesen, wo Maeterlinck sich das Bild vorstellt, das sich ein Zuschauer von der arbeitenden Menschheit machen würde, wenn er sie von ganz oben betrachtete. Ist es in diesem Fall das Individuum an sich, das ihn interessieren würde? Er würde einfach die Menschen studieren, ihre übereinstimmende Art, zu leben, glücklich zu sein, zu arbeiten und sich zusammen zu tun; er würde Erfahrungen mit ihrer Beharrlichkeit, ihrem Mut und ihrer Niedertracht machen, wenn er zum Beispiel zwei oder drei Städte zerstören und ihre Einwohner zertreuen würde, um zu sehen, wie sie dieses unerwartete Ereignis deuten und was sie tun würden, um es zu bewältigen, und er würde auf diese Weise viele Geheimnisse entdecken, von denen wir noch keine Ahnung haben und die der Kunst Themen liefern werden, die sie braucht, um sich zu erneuern. Verlassen wir die Straße und steigen wir auf die Dächer, um die Straße zu betrachten.

Der gesunde Menschenverstand und der böse Wille vermehren die Einwände: Man bestreitet die kollektiven Gefühle, hält sie für einen Scherz, hinter dem nicht viel steht; anderswo behauptet man, dass es uralte Sachen sind und dass die Kunst seit langem unsere Projekte überholt hat – und man führt dafür irgendjemanden an: Baudelaire, Sophokles, Shelley; warum nicht Ronsard, Columella oder Theokrit? Es stimmt, dass der Snobismus alles, was neu erscheinen könnte, als überholtes Zeug behandelt, denn die Snobs sind zurückgebliebene Konservative. Schließlich, ohne die Existenz der kollektiven Gefühle zu bestreiten, sehen einige darin keinen Stoff für die Dichtung. Warum? Sie gäben keine poesiefähigen ab. Aber alle eignen sich für die Kunst, wenn man sich die Mühe gibt, sie zu vertiefen, denn das Vulgäre und der Prosaismus kommen immer nur mit der mehr oder minder oberflächlichen Art, mit der man jene auslegt.

 

(Übersetzung: Rudolf Brandmeyer)

 

 

 

 

Erstdruck und Druckvorlage

Vox. Publication mensuelle.
Nr. 19, Jg. 2, 1905, Juli, S. 201-205. [PDF]

Gezeichnet: Georges Chennevière.

Die Textwiedergabe erfolgt nach dem ersten Druck (Editionsrichtlinien). Zwei Druckfehler wurden korrigiert (S. 202, 203).

 

 

Literatur

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