Jacques Rivière

 

 

Le Roman d'Aventure

[Auszug]

 

Qu'il soit le récit d'infortunes, d'exploits, de périls matériels ou au contraire de pensées, de sentiments, de désirs, le roman nouveau sera donc un roman d'aventure. C'est là le dernier et le plus essentiel des caractères que nous désirons lui trouver: une certaine orientation de tous les éléments dont il sera composé, un certain égard de toutes ses particules, une certaine pente dans l'écriture de son auteur. Il nous reste à dire quelle disposition en nous y devra correspondre, quelle attitude devra prendre notre âme pour être touchée par l'œuvre nouvelle, en un mot quelle sorte d'émotion nous devons attendre du roman d'aventure. Nous ne la définirons avec précision [70] qu'en l'opposant trait pour trait à l'émotion poétique.

Pour que se déclare en nous l'émotion poétique, il est indispensable que tout nous soit donné d'un seul coup, que, dès les premiers mots que nous rencontrons, nous n'ayons plus rien à apprendre. Et en effet, dans un beau poème, il n'y a jamais de progression; la fin est toujours au même niveau que le commencement; on communique tout de suite avec elle; tout est de plein-pied; tout est de même abord. Les vers forment un cercle; ils sont tournés les uns vers les autres, ils se regardent, ils nous enferment dans leur ronde. C'est qu'ils travaillent à nous désorienter sur place; ils tâchent de nous inspirer l'oubli du temps et de sa dimension. L'émotion poétique est une sorte de tournoiement par lequel se reforme en nous, au milieu même de la fuite des choses, une flaque d'éternité; l'âme se répand brusquement tout entière dans une coupe de mots et elle y clapote sans courant; elle perd pour un instant toute communication avec ce qui passe; elle se retrouve pour un instant mélangée et fondue avec cette indifférence divine qui dort au plus profond d'elle-même. Le poète nous fait entrer dans un sommeil enchanté, où les mouvements, comme délestés, sont sans direction; et de quelque côté qu'ils s'adressent, ils ne rencontrent que la barrière égale et immobile des songes. – La mauvaise poésie, c'est la poésie oratoire, parce que les vers s'y ajoutent les uns aux autres, au lieu de se répondre et de se compenser; ils laissent fuir ce que nous mettons en eux de notre âme; point d'émotion, s'il nous faut courir après la suite. Au contraire le symbolisme est une des formes les plus parfaites de la poésie; car justement il dispose le poème comme un lit bien [71] horizontal et bien uni où l'âme n'a plus qu'à se laisser glisser et où rien n'arrête la lenteur de son remous et de son tourbillon.

L'émotion qu'il nous faut demander au roman d'aventure, c'est, au contraire de l'émotion poétique, celle d'attendre quelque chose, de ne pas tout savoir encore, c'est celle d'être amené aussi près que possible sur le bord de ce qui n'existe pas encore. Avec ce que nous tenons, nous avons de quoi être contents; pourtant il y a quelque chose, là, tout près de nous, qui va arriver, quelque chose qui est à la fois absolument inconnu et absolument inévitable; nous sentons le souffle de cette chose sur notre visage et nous ne la voyons pas encore. Notre plaisir est de cela même qui nous manque. Et puisse-t-il nous manquer encore un instant! Car, pendant cet instant, nous mettons là, devant nous, pêle-mêle, sans les concilier, tous nos désirs; nous avons devant nous, à deux pas, le trésor de l'infinie possibilité; nous possédons tout, pendant quelques minutes encore; notre âme, toute ouverte, par une attention délicieuse et sans voix, écoute bruire, comme la mer, l'immense avenir. Bizarre mélange d'interrogation et de confiance, d'inquiétude et d'abandon! Justement c'est l'abandon à l'inquiétude; en lisant un roman d'aventure, nous nous livrons sans réserve au mouvement du temps et de la vie, nous acceptons d'éprouver jusqu'au fond de nos moëlles cette question obscure et infatigable qui pousse et travaille tous les êtres vivants, nous nous remettons, pieds et poings liés, à la misérable et merveilleuse anxiété de vivre. L'émotion poétique venait au contraire de nous y sentir pour un instant complétement arrachés.

[72] Les deux émotions s'opposent encore à un autre égard. La poésie n'intéresse en nous que les sentiments. Elle nous donne une sorte de commotion unique et opaque, de coup au cœur sourd et simple. Elle nous touche, au sens le plus matériel du mot, elle nous frappe, elle nous secoue. Sans doute il ne s'agit pas d'un simple ébranlement sensuel; nous comprenons quelque chose par cette émotion; nous accédons, nous sommes initiés à de l'inconnu. Mais d'une façon centrale et enveloppée, sans explication; nous sommes admis tout simplement, sans même pouvoir dire à quoi; l'intelligence reste paralysée en nous; c'est une reconnaissance subite et entière, la consommation d'un seul coup dans nos entrailles d'une vérité. De là à la fois la profondeur et la relative monotonie de l'émotion poétique. Nous sommes atteints toujours de la même façon, dans ce retrait de notre cœur, dans ce noyau de nous-mêmes qui reste serré et compact, étant fait pour ne se développer que dans l'éternité. L'émotion poétique n'a pas de parties; aussi n'est-elle pas susceptible d'être préparée, ménagée, prolongée. Pour durer, il faut qu'elle se reproduise telle quelle; chaque vers doit la reformer en nous tout entière; sinon, il ne vaut rien. Il faut que notre âme soit gonflée à nouveau par chaque pulsation du poème.

Au contraire, l'émotion que nous donnera le roman d'aventure, l'intelligence y sera mêlée. Elle sera tout aérée par elle, tout éclaircie; plus légère, plus gaie, plus vive que le trouble poétique, moins profonde sans doute, mais plus active et plus claire, plus pareille aux joies de la vie. Dans le plaisir de notre lecture, il n'y aura pas que cette sourde sensation de présence, que cette sensibi[73]lité immédiate et continuelle; il y a aussi la joie qu'éprouve l'intelligence à pressentir, à calculer, à rapprocher les événements, à les deviner, à se les expliquer; il y aura une sorte de va-et-vient de l'agrément. Toutes nos facultés se verront tour à tour caressées; et elles sauront se céder la place l'une à l'autre quand il le faudra; nous retirerons notre faculté de vibration quand l'auteur ne la sollicitera plus; nous ne demanderons pas d'être remués par chaque phrase; notre plaisir aura des renoncements, des attentes, il saura se replier pour bondir, il saura se nourrir même d'impatience; nous pourrons trouver du plaisir à n'en pas prendre pendant un moment; nous admettons qu'il y ait des chapitres qui aient d'autres raisons d'être là que l'émotion dont ils sont chargés; soit qu'ils servent à préparer les suivants, soit qu'ils interviennent pour les retarder, pour les faire attendre. A ceux-là nous prêterons non plus notre sensibilité, mais notre attention intellectuelle; nous serons assez souples pour tourner vers le récit successivement toutes les faces de notre âme et pour ressentir par l'esprit les péripéties dont notre cœur ne pourra plus être touché. Rien de plus divers et de plus mouvementé que le pathétique du roman d'aventure. L'émotion qu'on y goûte, est composée; elle comprend mille parties; elle correspond à l'œuvre tout entière et n'est que la conspiration en nous des plaisirs différents et disparates qui émanent de tous ses chapitres. On ne la respire pas comme une botte de roses. Mais on la sent en soi active et nombreuse et faite de multiples mouvements. Elle n'agite pas notre corps ni la sombre masse de notre identité, comme l'émotion poétique. Mais nous employons à [74] l'éprouver plus d'initiative et d'agilité; elle nous fait faire plus de chemin.

 

 

 

 

Erstdruck und Druckvorlage

Jacques Rivière: Le Roman d'Aventure (Suite et fin).
In: La Nouvelle Revue Française.
Jg. 5, 1913, Nr. 55, 1. Juli, S. 56-77. [PDF]

Unser Auszug: S. 69-74.

Die Textwiedergabe erfolgt nach dem ersten Druck (Editionsrichtlinien).

 

 

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