Adolphe Retté

 

 

La Jeune Littérature.

 

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Texte zur Theorie und Rezeption des Symbolismus

 

On entend par Jeune Littérature un certain nombre de personnes, âgées de dix-sept à quarante-cinq ans, qui font profession d'écrire et de publier. Les unes ont du talent; les autres n'en ont pas; d'autres promettent d'en avoir; mais la plupart offrent cette caractéristique: l'inféodation à une coterie dont elles acceptent l'étiquette, les procédés et les préjugés. Beaucoup de ces chapelles sont éphémères, se dissolvent au bout de quelques mois par suite d'un vice de doctrine ou de rivalités entre leurs adhérents. Il a suffi, parfois, qu'une sottise fût énoncée avec solennité pour recruter des partisans. Plus souvent, il s'est formé des syndicats d'admiration mutuelle où l'on considérait comme non avenues les tentatives qui se produisaient en dehors des dogmes promulgués par le groupe. Enfin quelques mouvements d'art ont persisté qui ont fourni des œuvres assez marquantes pour justifier leur raison d'être. Trois de ces mouvements parvinrent à la notoriété: le symbolisme, l'école romane, évolutions terminées, le naturisme encore embryonnaire.

Le symbolisme se montra surtout spiritualiste, pessimiste, vaguement mystique, épris des sonorités verbales, préoccupé de correspondances entre les moyens des différents arts, méfiant et même hargneux à l'égard de la science, dédaigneux de la réalité. Un individualisme mal compris fit qu'on rechercha des formes inusitées pour l'expression de sentiments rares, et c'est ainsi que le vers libre, très bon instrument en soi, servit aux cacophonies les plus étranges. Les Médiocres emphatiques dénués d'émotion profonde, les joueurs de flûte à soi-même qui tournent, de propos délibéré, le dos à la vie, les rêveurs d'idée pure, "n'importe où, hors du monde", prédominèrent et se livrèrent à de violents attentats contre le génie de la langue. Sous couleur d'absolu, les symbolistes ont rejeté de leurs poèmes et de leurs romans tous les détails qui eussent concouru à évoquer des hommes, c'est-à-dire des animaux égoïstes, passionnés, capricieux et carnassiers, mangeant, buvant, dormant, aimant, haïssant, souffrant, se réjouissant, voulant le bien et faisant le mal, voulant le mal et faisant le bien, se conduisant tantôt comme des êtres de raison et tantôt comme des bêtes fauves, obéissant enfin à leur hérédité et aux instincts que développent en eux le milieu où ils vivent. Ils n'ont pas tenté, non plus, d'imiter les volontaires qui, à toute époque, réagirent contre la tendance du grand nombre à barboter dans la fange, dans l'or et dans le sang, qui élargirent l'idéal de bien-être [34] et de développement conçu par l'espèce et qui lui infusèrent quelques notions de beauté. Ils se désintéressèrent de l'humanité. Tous leurs efforts tendirent à imaginer une région nébuleuse, crépusculaire, où n'habitent que des rois mélancoliques, phraseurs et couverts de pierreries, des héros casqués de vermeil pourchassant d'intangibles chimères, des chevaliers fluets et grelottants, des troubadours sous le balcon de princesses sataniques, des sirènes gélatineuses, des pâtres roucouleurs. Ce fut un défilé de Beaux-Ténébreux et de Princes Charmants, d'Hertulies, d'Imogènes et de Phénissas: un moyen âge poussiéreux, fardé, rance à faire vomir. Dans le moderne, ils mirent en scène des artistes barbouillant des fresques religieuses, à intentions sadiques, sans être, pour cela, d'aucune religion, choyant de petits garçons bien frisés, racontant d'érotiques calembredaines dans des salons peuplés de vierges lesbiennes et de bas-bleus au clitoris exigeant, ou bien des pédérastes romantiques, ou bien encore des assassins titrés. Puis il y eut les drames dans lesquels des fantômes maniaques s'épouvantent parce que la fenêtre est ouverte, ouverte, ouverte, parce que sept femmes et douze brebis dorment dans la prairie, parce qu'on a perdu la clef de la tour du Nord ou à cause de tout autre événement d'une importance aussi capitale. Puis des comédies dont le principal attrait consiste en ceci que le protagoniste répète le mot: "Merde" à peu près toutes les trois phrases.

Les paysages où ont lieu ces aventures surprenantes semblent appartenir à une autre planète que la nôtre. Destinés à représenter des états d'âme, ils sont pleins de palais mystérieux, de bassins dormants où chantent d'infatigables jets d'eau, de lauriers-roses, de magnolias, de cyprès et surtout de lys. C'est vraiment une chose effrayante, la consommation qu'on fit de cette dernière fleur depuis quelques années! Selon le symbolisme, les jardins où il promène sa lassitude et son horreur de vulgaire seraient des habitacles de chasteté, à nul autre pareils. Et pourtant, le lys est un aphrodisiaque: maints insectes le savent bien.

La faune qui peuple ces pays fabuleux comprend des cygnes, des paons, – beaux oiseaux d'ailleurs et dont il n'y a pas à médire, – des griffons, des tarasques, des licornes "ruant du feu", des guivres, des hippogriffes et des sphynx. – Les vaches, les porcs, les poules en sont soigneusement exclus, ainsi que le blé, les navets et les choux.

Est-ce à dire que ces inventions, dues à des poètes qui détestent le Réel, soient toutes froides, ennuyeuses, surannées et sans valeur technique? – Loin de là; plusieurs en ont tiré des effets charmants, en ont usé pour traduire des émotions très fines: M. Stuart Merrill, M. Quillard, M. Albert Samain et même quelquefois M. de Régnier, malgré son art congelé d'habitude à cinquante degrés sous zéro. On dirait les tapisseries d'artisans maladifs, occupés à tisser leurs rêves d'un univers impossible, à la clarté de lampes multicolores, dans des cellules dont les fenêtres sont murées...

L'illusion où se confinent les bons écrivains du symbolisme a quelque chose de touchant: la société actuelle leur apparaît tellement odieuse et répugnante qu'ils ne veulent pas la connaître, fût-ce pour la détruire. Puis la crise de pessimisme traversée par toute la jeunesse, il y a une douzaine d'années, l'éducation chrétienne que subirent un grand nombre d'entre eux, l'amour de l'Art pour l'Art légué par Baudelaire et les Parnassiens, dont ils procèdent très évidemment, les déprimèrent, les vouèrent aux légendes nostalgiques et à la rêverie en marge de la vie militante. Il est peut-être fatal qu'il existe ainsi des songeurs modulant leur vagues tristesses et les élans de leur piété sans objet sur la harpe, au fond d'une cave, tandis que les Forts agissent combattent et se dépensent au grand air. Cependant, malgré l'estime dans laquelle on peut les tenir, il ne faut point trop prêter l'oreille à leurs soupirs et encore moins au babil de leurs imitateurs, singes impudents et pullulants qui se sont emparés de leur formule, la faussent et se rendent insupportables par une jactance, des piaillements et une pratique effrontée de la réclame bien faits pour écœurer quiconque aime l'art. Les premiers sont des Parsifal à la recherche d'un Mont-Salvat introuvable: ils ont tort mais leur sincérité appelle la sympathie. Les seconds sont des Beckmesser contre lesquels il sied d'user du tire-pied de Hans Sachs: ils pillent les vers de ceux qui les souffrent auprès d'eux, <les> déforment en s'accom[35]pagnant sur un rebec criard et veulent être considérés... Foin de cette menuaille!

Deux faits sont à l'éloge des symbolistes: une compréhension très nette des vertus propres au lyrisme et, corollairement, l'instauration du vers libre. Par eux, un poème fut "l'ode multiforme" que rêva Banville. Ils s'attachèrent à y exprimer les émotions les plus intimes de leur être non dans la forme rigide que comportaient les poétiques antérieures, mais selon les mille aspects, les images fugaces ou persistantes que leur évoquait leur imagination très vive. Usant d'une telle méthode, ils encouraient le risque de choir dans l'incohérence. Or tous y tombèrent parce qu'ils négligèrent fréquemment d'unir par le lien d'une idée générale les concepts multiformes qui jaillissaient de leur Inconscient dès que leur âme s'illuminait pour les fêtes de la Muse. C'est ainsi que M. Kahn, s'étant voué à restituer, en séquences parallèles, les correspondances qu'éveillait en lui le sujet qu'il voulait traiter, sans énoncer ce sujet lui-même, sombra dans la bizarrerie, le charabia et l'obscurité. Certains, mal dégagés des us parnassiens, rêvant de concilier les formules nouvelles et les formules périmées, gâtés, d'ailleurs, par l'afféterie, produisirent des métis inféconds: ce fut le cas de M. de Régnier. Mais de belles réalisations furent aussi obtenues: chez M. Vielé-Griffin, chez M. Verhaeren, chez d'autres encore.

Comme il comportait une notion du lyrisme plus large que les précédentes, le vers libre, aboutissant de la révolution romantique, était le moyen d'expression qu'imposaient les circonstances. Les symbolistes devaient l'employer, et ils y allèrent d'instinct. Jamais il n'y eut de malentendus à ce propos. Et si quelques revendications puériles se produisirent touchant les droits de celui qui "avait commencé", elles n'eurent d'autre résultat que de ridiculiser les candidats à l'initiation. Mais le vers libre n'a pas souffert de ces querelles adventices: son triomphe était assuré et il a triomphé malgré les essais informes des ignorants et des pédants qui abondèrent dans l'école et malgré <les> anathèmes fulminés jadis par les chroniqueurs poussifs qui se mêlent de critique littéraire dans les papiers quotidiens et qui, à cette heure, lui prodiguent leurs vieux sourires.

Le symbolisme fut donc avant tout une évolution poétique: c'est pourquoi son apport se restreint au lyrisme. Mais, comme il a été dit plus haut, cette évolution est aujourd'hui terminée; et cela pour plusieurs raisons.

1° Les symbolistes se sont confinés, de parti pris, dans la Tour d'ivoire; ils ont fermé les yeux au spectacle donné par l'époque; ils se sont interdit les préoccupations sociales. Ils se vouaient ainsi à la stérilité parce qu'il est logique que des individus faisant abstraction du milieu où ils sont nés, où ils ont vécu, pour élire exclusivement le rêve, ne prennent point racine, demeurent en dehors des préoccupations foncières non seulement de leur temps, mais encore de tous les temps et traversent l'existence comme ces étoiles filantes qui strient, une seconde, l'espace nocturne pour s'éteindre aussitôt.

2° Les symbolistes ne recrutent plus d'adhérents. La jeunesse se refuse à l'imprécision de leur doctrine, s'abreuve à d'autres sources d'inspiration et ouvre enfin les yeux à la nature trop longtemps méconnue.

3° Les symbolistes se sont hypnotisés devant M. Mallarmé. S'ils imitèrent peu ses... inimitables divagations écrites, ils reçurent néanmoins l'empreinte des théories que ce poète développe dans ces conversations. L'un d'entre eux, M. de Régnier a dit: "Je dois à M. Mallarmé d'être ce que je suis." On s'en aperçoit, et là n'est pas le plus beau de son histoire. – Ces théories de M. Mallarmé, c'est l'engourdissement, la mort de l'activité, le dédain de la vie – c'est le traité de l'impuissance volontaire. Il était d'un intérêt capital de les combattre et d'en dévoiler le néant.

Pour ces raisons et pour d'autres encore, moins évidentes, le symbolisme, mouvement spiritualiste, sourdement catholique dans son essence, n'entra pas en communion avec la conscience générale de l'espèce. Il s'inventa des paradis chimériques – il oublia la terre. Aussi apparaît-il comme un accident curieux, intéressant, remarquable même à certains points de vue, mais rien qu'un accident dont la répercussion dans l'art ne sera que passagère.

En toute occasion, les romans se montrent les adversaires farouches des symbolistes. Les deux écoles divergent quant à la doctrine et, surtout, quant à la technique... Et pourtant, elles sont sœurs – sœurs ennemies, si l'on veut. En effet, l'école romane se tient encore plus que le sym[36]bolisme en dehors de la vie sociale. C'est une chapelle très étroite et très fermée où l'on invoque Apollon, où l'on collige des centons de Baïf et de Du Bellay, où l'on ronsardise à outrance. Pour eux, la littérature française prend fin avec le XVIIe siècle. André Chénier est cependant admis à correction, mais ses autels sont beaucoup moins honorés que ceux de Malherbe. Quant au XIXe siècle, c'est le néant: nul n'a su y manier la plume. Les romans se réclament de la tradition gréco-latine, vantent et chérissent les civilisations mortes. Mais, là encore, ils procèdent à un choix: c'est ainsi qu'Eschyle leur semble suspect de romantisme et d'enflure; ils lui préfèrent Euripide, plus pondéré. A l'étranger, ils prisaient, jadis, les nouvellistes italiens, Dante, Calderon et Shakespeare. Shakespeare a dû être rejeté depuis comme entaché de barbarie anglaise, car les romans tiennent pour barbares toutes les littératures vivantes autres que la leur et celle de leurs ascendants élus. Faisant peu de cas de l'invention, dédaignant la modernité, ils adaptent, traduisent ou imitent "les beaux modèles". Mais, de préférence, ils dessinent d'après l'antique sous la férule de M. Jean Moréas.

Derrière M. Moréas se rangent trois poètes: MM. Ernest Raynaud, Maurice du Plessys et Raymond de la Tailhède; un critique: M. Charles Maurras, et un caudataire: M. Lionel des Rieux, qui écrit des épigrammes et demande qu'on brûle en place publique tous les poètes contemporains, sauf ses amis.

M. Moréas fut, autrefois, un des espoirs du symbolisme; il exaltait le "Pur Concept" et, fortement teinté d'Hugoterie, il aurait volontiers demandé à boire "l'eau des mers dans le crâne des morts". Quelques-uns de ses bons poèmes datent de cette époque; quoiqu'il les réprouve à présent, ils resteront peut-être. Puis il rompit avec ses anciens frères d'armes et il eut cette singulière fortune qu'on lui offrit un banquet pour célébrer la fondation de l'école romane. Autrefois, un banquet, c'était le couronnement d'une carrière bien remplie – nous avons changé tout cela. Après, M. Moréas chanta les nymphes, les faunes, les diverses divinités de l'Olympe; il composa des épitaphes pour ses disciples; il abusa de la rhétorique. Enfin, il travaille, aujourd'hui, à une tragédie qui doit étonner le monde.

Le titre de chef d'école rend presque toujours un peu ridicule celui qu'on en affuble. M. Moréas s'en pare avec conviction, et même, on peut dire, avec dignité. Il est vrai que, depuis longtemps, le ridicule ne tue plus en France, sans quoi nombre de gens seraient morts qui se portent à merveille. – Mais M. Moréas a beau s'émonder, se rogner, se réduire, il demeure un bon poète dont il est difficile de ne pas goûter les vers.

M. de la Tailhède a fait preuve jadis d'un tempérament lyrique des plus admirables. Maintenant, il marche sur les talons de M. Moréas et répète ses gestes. M. du Plessys se tait. M. Raynaud cisèle d'agréables pastiches qui ressemblent aux bijoux du premier empire. M. Maurras a de la finesse et du mordant. On doit le louer également pour le parti pris qu'il montre dans ses critiques parce que ce parti pris est souvent fort juste. Il a publié quelques vers point quelconques et il terrorise excellemment les rimailleurs.

Les romans possèdent cette supériorité infinie sur la plupart des symbolistes qu'ils écrivent en bon style. De même, leurs imitations de l'antique sont plus réussies. Si l'on confronte, par exemple, les naïades estropiées par M. de Régnier avec celles que caresse M. Moréas, la comparaison est toute en faveur du second de ces deux écrivains. Mais l'école romane n'a pas appliqué ses qualités de technique à la traduction de la vie. Aussi, bien qu'elle se veuille rattacher à "la bonne époque", elle rappelle plutôt les Philétas, les Callimaque et les Apollonius du cycle alexandrin que les Sophocle, les Pindare et les Simonide. – Elle restera une curiosité de bibliothèque.

Le naturisme, on n'en peut encore parler très longuement. C'est une aube légère après une lourde nuit, parcourue de comètes échevelées et toute transie sous un pâle clair de lune. M. Le Blond nous a promis qu'il en naîtrait des merveilles: nous ne demandons qu'à le croire et nous attendons des œuvres avec anxiété...

Avec anxiété, car ces jeunes gens, qui s'affirment épris de science, de réel et de simplicité, rénoveront peut-être la poésie française, aujourd'hui passablement cacochyme, radoteuse et podagre. Plusieurs se sont déjà distingués: M. Abadie fit chanter les Voix de la Montagne avec ampleur; M. Maurice Magre a de la grâce – une grâce un peu frêle mais exquise; M. Viollis s'est [37] montré bon styliste et bon analyste dans l'Émoi; on connaît de M. Fernand Pradel un poème, la Nuit, qui est très beau; M. Saint-Georges Bouhélier, malgré de graves incorrections et sa production hâtive, a des envolées intéressantes. Son Hiver en méditation est d'une exubérance un peu chaotique mais traversée d'éclairs. Son Eglé contient quelques bonnes strophes. M. Albert Fleury, dans ses Impressions grises, se marque en progrès sur ses vers précédents. M. Gasquet est plein d'enthousiasme et M. de Monfort de ferveur... Doit-on citer M. André Gide? – M. Gide a coqueté avec le naturisme, puis il est revenu au symbolisme, où on le considère comme destiné à relever l'école. Ses incertitudes, sa fièvre sont curieuses à observer. En somme, il faut lui appliquer cette phrase de l'Éducation sentimentale: "Il trouvait que le bonheur mérité par l'excellence de son âme tardait à venir..."

Que les naturistes cueillent donc, au plus vite, des lauriers. Mais qu'ils se gardent de fondre en larmes, d'abuser du style exclamatif et de cultiver la pastorale dans la manière de Bernardin ou l'idylle dans le goût de Florian: les grâces fripées du XVIIIe siècle ne pourraient que les égarer. – Et qu'ils se gardent aussi de la Napoléonite préconisée par M. Barrès. Tout le grand talent de cet écrivain suffit à peine à le faire absoudre de son alliance avec les soutaniers amoureux du sabre et avec ces mandrilles hurleurs: les cocardiers... Des poètes qui se respectent se doivent de tenir en mépris le Grand-Soudard Bonaparte devenu l'idole des Arrivistes. Qu'ils aient présent à l'esprit l'exemple de ce petit jeune homme qui vint de sa province en trois bateaux, fit des grimaces à tout le monde, chanta César et finit par tourner la roue du reportage à côté de cet Ahasvérus essoufflé: M. Catulle Mendès et de cette portière sentimentale et convertie: M. François Coppée.

Que les naturistes apprennent encore à aimer la justice sociale, qu'ils s'intéressent à tout, qu'ils se vouent donc à créer l'âme héroïque et généreuse dont notre race a besoin afin de s'évader de l'enfer bourbeux où elle agonise et qu'ils ne craignent pas de combattre: car c'est un admirable bruit que le frémissement des épées quand elles jaillissent du fourreau pour la bataille au nom de la beauté d'agir.

Par ainsi reverdira l'Arbre de Vie: son feuillage plein de chants d'oiseaux s'épanouit à la face du ciel bleu; les grands vents le caressent et le vivifient; le soleil le trempe de clarté. La nuit, il exhale un murmure de songe et les étoiles semblent se susprendre à ses branches comme des fruits radieux. Mais aussi, ses racines le fixent puissamment au sol et, pour accroître sa vigueur, il ne cesse de pomper les sèves fécondes de la Terre souveraine.

 

 

 

 

Erstdruck und Druckvorlage

La Plume.
Jg. 10, 1898, Nr. 210, 15. Januar, S. 33-37. [PDF]

Gezeichnet: Adolphe Retté.

Die Textwiedergabe erfolgt nach dem ersten Druck (Editionsrichtlinien). Zwei Druckfehler wurden korrigiert (S. 34, 35).

 

 

Aufgenommen in

 

 

Literatur

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Shryock, Richard: Reaction Within Symbolism: The Ecole Romane. In: The French Review 71 (1998), S. 577-584.

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Vérilhac, Yoan: La Jeune Critique des petites revues symbolistes. Saint-Étienne 2010 (= Collection "Le XIXe siècle en représentation(s)").

 

 

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Lyriktheorie » R. Brandmeyer